L’écrivain Max Lobe parle des traditions familiales au Cameroun

Публикувано:
13:42ч / 25.05.2020г
Брой прочитания:
281
Брой коментари:
0

L’écrivain camerounais Max Lobe vit en Suisse depuis l’âge de 18 ans. Il y fait des études de communication et journalisme puis un master en politique et administration publique. Il écrit ses romans en français, puis découvre la langue maternelle de son peuple, le bassa. Max Lobe était invité au Festival littéraire international de Sofia en 2019 qui était consacré aux littératures francophones et a été précédé d’un colloque sur le thème “ Être, venir d’ailleurs et écrire en français „, qui s’est tenu à l’Université de Sofia “ Saint Clément d’Ohrid “ les 9 et 10 décembre dernier. Le jeune écrivain a fait des interventions très intéressantes sur les particularités de la langue française parlée en Afrique, mais a également mentionné certaines particularités des cultures africaines. Aujourd’hui, à l’occasion de la Journée mondiale de l’Afrique, je vous propose une partie de mon entretien avec lui, consacré aux traditions familiales au Cameroun.

Pourquoi êtes-vous allé en Suisse?

Je suis allé en Suisse par ce que j’avais déjà une partie de ma famille là-bas, notamment deux de mes soeurs, et puis mes parents avaient l’habitude d’aller en Suisse en vacances. Pour la boutade, vous savez, que le dirigeant camerounais affectionne particulièrement Genève. Je suis allé en Suisse pour continuer mes études et je suis resté cela fait déjà 16 ans.

Mais vous voyagez dans d’autres pays francophones.

Aujourd’hui je dois dire, que la francophonie m‘a fait tourner beaucoup, la littérature m’a ouvert beaucoup de portes. J’ai eu beaucoup de chance avec cela. Avant j’écrivais un peu naïvement et maintenant je coprends ce que je suis en train de faire et c’est du sérieux. Les voyages c’est bien, mais c’est fatigant. Il faut que je me repose, il faut que j’écrive. Mais je voyage et je représente la Suisse, qui signifie beaucoup pour moi, et le Cameroun, qui m’a vu naître.

Vous aimez revenir au Cameroun?

C’est mon pays. Quand j’y retourne je n’ai pas de problèmes. Je suis resté un peu enfant dans ma tête et j’ai besoin de cette naïveté, de cette innocence, car si on ne regarde pas le monde avec les yeux d’un enfant, on perd l’émerveillement, on perd la teinte des couleurs.

Vous avez dit que vous avez plusieurs mères au Cameroun.

Je comprends déjà les Européens, pour moi il y a quelques ans c’était impensable que l’on s’approprie un enfant. Un enfant ce n’est pas une chose, un enfant appartient à tout le monde et tout le monde doit s’occuper de lui.

Qui sont vos mères, par exemple?

Mes tantes, la voisine…

Même la voisine?

Oui, même la voisine patricipe à l’éducation de l’enfant, comme la marchande, parce que si un jour ma mère n’a pas d’argent pour m’acheter de la nourriture, je vais chez la marchande et je lui explique que nous n’avons pas d’argent maintenant, mais pus tard on va payer et elle me donne de la nourriture. C’est ainsi qu’elle devient ma maman. Je n’ai même pas besoin d’expliquer. Si elle sait que ma mère n’est pas là pour le moment, la marchande m’appellera elle-même et me donnera à manger. C’est en train de disparaître et cela me fait tellement mal, parce qu’on c’est occidentalisés! On c’est même américanisés. On devient de grands individualistes! Ce n’est pas l’enfance que j’ai eu. Quand je retourne aujourd’hui dans des pays africains j’entends: “Ne touche pas MON enfant!” Il y a beaucoup de génitrices qui ne sont pas de vraies mères et quand elles s’en vont il y a pein de mères qui récupèrent l’enfant.

Est-ce typique uniquement pour votre peuple parlant la langue bassa ou pour d’autres communautés au Cameroun aussi?

Je pense que dans les cultures bantous et dans le nord du pays aussi ce sont des sociétés organiques où ce qui touche l’un touche tout le reste.

Même s’il n’y a pas de parenté?

Même s’il n’y a pas de parenté! Il y a des amis qui sont plus proches de vous que des frères et des sœurs. On peut même donner le nom de l’ami à son enfant.

Cela se fait?

Maintenant cela se fait un peu moins parce que chacun veut vivre dans son monde.

Et quel est le rôle du père au Cameroun? Cela m’interesse parce que j’ai parlé avec une jeune Malienne et elle m’a expliqué que le père est la personne la plus importante dans la famille. Elle m’a dit aussi qu’elle avait plusieurs pères! Est-ce vous avez le matriacat au Cameroun?

J’adore cette question! En faite c’est les deux. L’homme reste l’homme. Les féministes vont me sauter dessus mais c’est comme ça. L’homme c’est le chef de famille. Cela veut dire que quelle que soit la situation dans laquelle la famille se trouve c’est l’homme qui dirige, mais cela ne veut absolument pas dire que c’est lui qui prend les décisions. Les mamans derrière ce sont elles qui prennent les décisions, mais puisque l’homme reste l’homme, alors on le met devant et c’est lui qui va dire la décision. Ce sont des sociétés matriarcales, mais dans ce que l’on voit on a l’impression que c’est l’homme qui tient.

Propos recueillis par Gergina Dvoretzka

Le texte en bulgare

A lire aussi:

Yapama Dolo – volontaire francophone du Mali à Sofia

Logo francophonie-okLa rubrique Francophonie de ce site présente les actualités de la francophonie en Bulgarie, en Europe centrale et orientale er dans le monde entier.

Източник: www.evropaworld.eu