OIF – L’ex-République yougoslave de Macédoine et la Francophonie

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13:06ч / 22.01.2019г
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Avec l’acquisition de son statut de membre de plein droit de l’Organisation internationale de la Francophonie en 2006, lors du Sommet de Bucarest, l’ex-République yougoslave de Macédoine a rejoint une famille francophone avec laquelle elle a tissé des liens, non seulement dans sa jeune histoire mais depuis plus d’un siècle au moins.

Le français populaire sous le régime ottoman

Déjà en 1854, la France ouvre un premier consulat à Bitola, alors que la région est encore sous emprise ottomane. De plus en plus, la langue française devient au fil du 19e siècle la langue de culture et de l’élite au sein de l’Empire ottoman, après plusieurs décennies de relations politiques, économiques et commerciales renforcées entre les deux Etats. Rappelons d’ailleurs que les écoles françaises de langues, à l’origine de l’Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO), avaient pour objectif de former des interprètes et des professionnels pour la diplomatie et le commerce au Levant. Le français entre aussi dans les affaires politiques de l’Empire en tant que langue de travail pour les représentants des différentes cultures et confessions qui le composent, puis dans les domaines scientifique et médiatique.
La Première Guerre mondiale et son Front d’Orient, qui s’étend de la Mer Adriatique à la Mer Égée, amène nombre de troupes alliées, et notamment de l’Armée française d’Orient, sur les terres macédoniennes. Là-bas, on estime que près d’1/5e du corps français provenait de ses colonies. Des Zouaves et des Spahis marocains sont ainsi parmi ceux qui ont capturé Skopje et piégé les troupes bulgares grâce à la Manœuvre d’Uskub, obligeant ces derniers à signer l’armistice en septembre 1918. Comme partout ailleurs en Europe, la bataille fut meurtrière et aujourd’hui, les plus de 6000 tombes du cimetière militaire de Bitola, ou encore le millier de tombes de celui de Skopje, sans compter leurs ossuaires, sont là pour le rappeler.

Vers l’indépendance

Durant l’époque yougoslave, la francophonie n’a pas subitement disparu aux alentours de Skopje mais l’intégration au sein de l’Etat fédéral a surtout permis de renforcer l’identité macédonienne avec notamment l’éclosion de la langue macédonienne standard en 1945.
Les relations entre les pays francophones et la Yougoslavie restent limitées, toutefois certaines personnalités n’hésitent pas à émigrer, c’est notamment le cas de l’artiste-peintre Kiro Urdin qui s’installe à Paris en 1973. Il s’inscrit alors à l’Académie des Arts Plastiques et est diplômé de l’Ecole de Cinéma, en 1977. Représentant son pays d’adoption au Festival d’art français de Taipei en 1987, la palette de Kiro Urdin s’élargit avec l’écriture de poèmes en français et en anglais, l’illustration de certains ouvrages francophones, puis son tour du monde entre 1995 et 1997 pour réaliser son chef d’œuvre multimédia, « Planetarium », un projet qui l’a notamment emmené à Orhid, Nerezi, Bruxelles ou Paris.
Aujourd’hui, la francophonie macédonienne se base sur le dynamisme de l’Association des professeurs de français (APFM) et du Ministère des affaires étrangères macédonien, ainsi que sur les activités de l’Institut français de Skopje et du réseau des deux Alliances françaises à Bitola et Tetovo. Chaque année, ce maillage permet d’offrir aux francophones et francophiles du pays des célébrations importantes lors de la Journée internationale de la Francophonie, entre autres.

Une francophonie active

C’est au Sommet de Hanoi, en 1997, que l’ex-République yougoslave de Macédoine intègre la famille francophone en tant que membre observateur. Elle passe ensuite au statut d’associé au Sommet de Moncton en 1999, puis de membre à part entière avec le Sommet de Bucarest en 2006, le premier Sommet à se tenir dans la région d’Europe centrale et orientale.
Les autorités macédoniennes ont montré une grande implication dans les activités francophones de la région jusqu’à aujourd’hui, comme en témoigne par exemple la présidence du Réseau des Correspondants nationaux de la Francophonie en Europe centrale et orientale (RESIFECO) depuis 2017.  On peut aussi citer l’organisation, par le Ministère des affaires étrangères macédonien et avec le soutien de l’OIF, de la 5e édition des Olympiades internationales de langue française à Ohrid, en septembre 2018, l’organisation du camp d’été francophone régional « Libres ensemble, nous brisons les frontières » à Struga, en août 2017, etc.
Et n’est-ce pas à Skopje que plusieurs membres de l’Association des professeurs de français en Macédoine (APFM) ont réuni, le 17 mars 2018, une quarantaine de jeunes francophones pour participer au marathon de lecture du roman de Yamen Manai, L’Amas ardent, vainqueur du Prix des cinq continents 2017 ? En définitive, les élèves macédoniens sont parmi les plus assidus pour participer aux activités organisées par l’OIF dans la région.
Camp d'été régional de Struga_ERY de Macédoine_juillet 2017 - © D.R.On n’oubliera pas de mentionner l’Université d’été de Struga, initiée par l’Institut français de Skopje et soutenue par l’Organisation internationale de la Francophonie. Destinée au départ aux professeurs de et en français macédoniens, l’Université s’est ouverte, depuis plusieurs années, aux enseignants de la région grâce au concours des Instituts français de Serbie, de Croatie et des ambassades de France en Albanie et au Kosovo, entre autres. En juillet, l’Université d’été de Struga en était à sa 20e édition et a permis, une semaine durant, aux enseignants de et en français d’Europe centrale et orientale de suivre des formations et des ateliers de renforcement de leurs compétences.

Photo  à gauche: Camp d’été régional de Struga, ERY de Macédoine, juillet 2017 – © D.R.

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Le texte en bulgare

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Източник: OIF