OIF – La Roumanie et la Francophonie, février 2018

Публикувано:
11:50ч / 13.02.2018г
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Après avoir présenté brièvement la place et la présence de la Francophonie en Europe centrale et orientale, nous allons passer en revue chacun des six Etats et gouvernement membre de l’OIF afin de déceler les liens qui unissent chacun d’eux avec la grande famille francophone. Le gouvernement français a récemment lancé une consultation publique intitulée « Mon idée pour le français », visant à moderniser l’usage du français et promouvoir le plurilinguisme. Dans la série de capsules vidéo publiées sur le site monideepourlefrancais.fr, l’unique témoignage pour la région d’Europe centrale et orientale est le fait d’une citoyenne roumaine. Ce n’est pas un hasard.

Langue française, « langue de cœur »
La Roumanie est souvent décrite comme un îlot de latinité dans un monde slave. En matière de Francophonie, cela la prédispose à être le plus francophile des pays de la région. La proximité linguistique entre deux langues d’origine latine joue un rôle indéniable, mais la francophilie roumaine a des racines historiques qui expliquent son attachement à la langue française et à la France, ainsi que son adhésion à l’Organisation Internationale de la Francophonie au sortir de la chute du totalitarisme – la Roumanie obtient le statut d’observateur en 1991, puis le statut d’Etat membre à part entière en 1993.
Il faut remonter au XVIIIe siècle pour  voir l’introduction du français comme discipline obligatoire pour l’aristocratie roumaine et constater la présence de secrétaires français auprès des princes de Moldavie et de Valachie. Un premier consulat français est établi à Bucarest en 1795. Au XIXe siècle, les voyageurs roumains en France y ramènent les valeurs libérales de la révolution française, qui vont faire florès au milieu du siècle. Les historiens Jules Michelet et Edgar Quinet, entre autres, promeuvent l’unification et l’indépendance des principautés de Valachie et de Moldavie, une position que soutient Napoléon III lors de la Conférence de Paris de 1856.
Autant l’élite politique que la correspondance de personnalités culturelles comme Georges Enesco ou Vasile Alecsandri attestent de la maîtrise de la langue française et d’une francophilie indéniable dans la société roumaine. Géographiquement éloignée et sans liens de subordination particuliers avec la France, on peut véritablement considérer la langue française comme une « langue de cœur » en Roumanie.

Relations étroites et génies francophones
La relation entre les deux pays est à son apogée durant l’entre-deux guerres, une époque où on surnomme Bucarest le « Petit Paris » et où la capitale roumaine est le premier client étranger de l’édition parisienne tandis que des investissements français sont effectués en Roumanie, notamment dans l’industrie pétrolière naissante.
Au niveau culturel, les échanges sont encore plus nourris et nombre d’intellectuels roumains viennent fleurir la culture française, à l’image d’Elvire Popesco, de Mircea Eliade, de Tristan Tzara, d’Emil Cioran ou d’Eugène Ionesco, parmi tant d’autres. La langue française devient la langue d’expression de leur génie.

La Roumanie dans la famille francophone
En quittant le giron soviétique en 1989, la Francophonie représente une opportunité de reconstruire des liens culturels, économiques et diplomatiques avec bon nombre de pays et surtout d’attacher la Roumanie à des pays fondateurs de l’Union européenne (France, Luxembourg, Belgique), devenue le nouvel horizon à atteindre et qui le sera en 2007. Surtout, la place du français au sein de la société et dans l’apprentissage des langues étrangères à l’école fait que la Roumanie est souvent considérée comme le plus francophone des pays où le français n’est pas une langue officielle.
Membre de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) depuis 1993, la Roumanie y joue un rôle-clé en devenant le premier pays de la région à accueillir la Conférence ministérielle de la Francophonie, en 1998, puis le Sommet de la Francophonie en 2006. Bucarest devient aussi la première ville en Europe à disposer d’une Place de la Francophonie, inaugurée en 2013 et où un buste de Léopold Sédar Senghor, l’un des fondateurs de la Francophonie, y trône depuis mars 2017. En novembre dernier, Bucarest a même accueilli la 2e Conférence des femmes de la Francophonie.
La capitale roumaine abrite d’ailleurs le siège du Bureau régional pour les Pays d’Europe centrale et orientale de l’OIF (BRECO) et de la Direction régionale Europe centrale et orientale de l’Agence universitaire de la Francophonie.

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Traduction du texte en bulgare

Texte original

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Източник: OIF